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L’omniprésence de Google et de ses cartographies, la prise de vue satellitaire dévoilent nos modes de vie, depuis l’espace public jusqu’aux intérieurs des jardins privés. Grâce aux repérages photographiques de type Street View, nous pouvons désormais parcourir la planète depuis le même point de vue immobile de notre bureau ou l’écran de notre smartphone. L’espace représenté constitue un ensemble de données comme l’étaient les cartes réalisées par les premiers grands navigateurs, nous rassurant sur l’aspect «fini» et «connu» de notre monde.

Pourtant, la cartographie de la couverture des réseaux laissent apparaitre encore quelques «Îles Blanches», territoires hors radar, qui échappent aux datascapes. Elles ont une place de plus en plus réduites et même parfois mouvantes dans nos agglomérations.

L’Observatoire des Îles Blanches propose la création d’un protocole cartographique révélateur des Îles Blanches que l’équipe a appliqué, à titre d’exemple, sur 4 métropoles : Berlin, Lyon, Nantes et Paris.

Le protocole expose les Îles Blanches sur les vues aériennes des villes étudiées, en négatif de la couverture Googlestreet et des photographies déposées et géographiquement localisées par les internautes-arpenteurs. Par la superposition de ces 2 calques sur un terrain métropolitain de 450km² et à un temps donné, les Îles Blanches apparaissent. Elles sont alors numérotées et répertoriées.

Les 230 Îles Blanches de la métropole lyonnaise sont le résultat d’une observation éphémère. L’archipel qui apparait aujourd’hui sur la métropole Lyonnaise ne sera déjà plus le même demain. Les Îles Blanches ont des tailles, des lignes de côtes, des reliefs, des infrastructures différentes. Habitées ou non, elles sont avant tout des inattendus.

Les Îles Blanches ne sont pas des territoires sauvages et nous ne sommes pas des nouveaux explorateurs. L’Observatoire des Îles Blanches est surtout une invitation à regarder avec surprise et curiosité, les lieux qu’il révèle, libres d’interprétation.